Manoeuvres d'automne à la Redoute Ruinée, 1939

Suite à la mobilisation de septembre tous les postes frontaliers vont être renforcés par différents régiments et bataillons. Nous allons nous intéresser tout particulièrement au fort de la "Redoute Ruinée" et de son occupation par le 70ième Bataillon Alpin de Forteresse.

                                  
                   Insigne du 1er type                               Insigne du second type

 
Construite sur d'anciennes ruines Sardes, d'où son nom, la "Redoute Ruinée" est un fort de haute montagne dominant le vallon et le col frontière du "Petit Saint Bernard" entre Savoie et Italie. Ce dernier est desservit par la Nationale 90, ce qui pourrait permettre aux transalpins une attaque rapide et motorisée, d'où son importance stratégique.

Les Bataillons Alpins de Forteresses ont été spécialement créé à partir d'unités d'infanterie pour occuper les forts de tout le massif alpin. Ils sont l'équivalent des Régiments d'Infanteries de Forteresses (R.I.F), que l'on retrouve sur les frontières du nord et de l'est de la France.

La redoute Ruinée

Vue panoramique depuis le mont Valezan

Revue de la garnison lors du rassemblement journalier sur la place d'armes. Le fanion présenté par l'homme de base est celui de la Compagnie d'Equipages d'Ouvrages du 70ième B.A.F. Le fanion, recto-verso :

Le fort est construit contre un bloc rocheux ce qui lui procure une bonne protection et aucune exposition directe, face à l'Italie. L'armement du fort ne se compose que d'armes légères: mitrailleuses, mortiers et fusils-mitrailleurs. Le système de défense est complété par l'artillerie du 164ième Régiment d'Artillerie de Position (R.A.P) se trouvant aux forts du "Truc" et de "Vulmix". Voici une casemate bétonnée pour mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914 de 8mm avec tireur et pourvoyeur.

Sous-officier observateur du 164ième Régiment d'Artillerie de Position (RAP). En juin 40 il y avait deux observateurs et deux radios à la Redoute pour relever et envoyer les coordonnées de tir en cas d'attaque. Il porte au ceinturon, dans son étui, le pistolet automatique Ruby de 7.65mm.

Afin d'augmenter sa puissance de feu la garnison a construit des emplacements de combats à l'extérieur du fort. Ici une position de mortier lors des exercices de manœuvre.

Le mortier Brandt de 81 mm Mle 27/31 est servi par trois hommes. Aisément transportable, il gagnera ses emplacements de combat assez rapidement.

Ici c'est le mortier Brandt mod.1935 de 60mm utilisé par ces deux alpins.

Les emplacements de combats extérieurs sont sommaires mais l'utilisation de matériaux trouvés sur place leur assurent une bonne dissimulation. Ici une position de fusil-mitrailleur modèle 24/29 de 7.5mm. On distingue l'insigne de béret Maginot propre aux B.A.F. Quant au casque Adrian mod. 26, il porte la grenade, attribut de l'infanterie.

Malgré cette belle journée d'automne, à 2402 m la capote Mle 20 est appréciée. Celle-ci est ornée de l'insigne de poitrine du 70ième B.A.F. Pour se différencier du 70ième régiment d'infanterie les pattes de col portent trois soutaches ou lieu de deux.

Poste d'observation extérieur permettant de localiser puis de communiquer aux forts du "Truc" et de "Vulmix" les éventuels mouvements de troupes transalpines. L'observation est effectuée avec des jumelles périscopiques montées sur trépied, la transmission des informations se fait à l'aide d'un téléphone de campagne de type "TM 32".

Inspection des emplacements de combats extérieurs par le lieutenant commandant la garnison.

La section est en tenue de combat aux alentours du fort. L'uniforme est celui de l'infanterie et n'a pas de particularité si ce n'est le port du béret alpin en tenue de service. L'équipement est du modèle 1935 ce qui n'est pas le cas de beaucoup d'unités à cette époque. Quand a l'armement il s'agit du mousqueton Berthier mod.1892/16. La situation géographique et un réseau dense de barbelés assure une bonne protection rapprochée.

Huit mois plus tard, sous le commandement du sous-lieutenant DESSERTEAUX, la garnison de 40 hommes n'acceptera de sortir de la "Redoute" que le 3 juillet 1940, soit neuf jours après l'armistice. Toutes les attaques italiennes ont échoué sur le secteur défendu par la "Redoute", malgré les nombreux assauts d'infanterie et les bombardements de l'artillerie et de l'aviation. Nous voyons ici la garnison sortir du fort en armes devant un piquet d'honneur italien.