Le parachutage des Saisies, 60 ans après...

Premier août 1944, le col des Saisies va devenir le théâtre d'un des plus gros parachutage d’armes accordé par les alliés à la Résistance française. Depuis des mois les maquis de Savoie réclament à Londres des armes pour se battre, le capitaine Jean Bulle, en collaboration avec la Mission Interalliée, organise le parachutage tant attendu, ce sera sur le massif du Beaufortin, au col des Saisies, nom de code "Ebonite".

Un container vient de toucher le sol, aussitôt une équipe s’affaire à le récupérer et à plier le parachute sous la surveillance de sentinelles. Le parachute, Mod. STORES Réf. 15C/63, tout comme le container, est de fabrication britannique.

A 14 heures, 78 bombardiers B17 du 338ième groupe de bombardement US, escortés par des P51 Mustangs, apparaissent au-dessus du col et commencent à larguer les premiers containers en deux vagues. En tout c’est 899 containers que récupèrent les maquisards venus de toute la Savoie, leur "butin" est conséquent : 1096 PM Sten, 298 FM Bren, 1350 fusils Lee-Enfield, 2080 grenades Mills, 1030 grenades Gammon, 260 Colt 45, 51 Piat, deux millions et demi de munitions, de l’explosif, des médicaments, des uniformes, des rations et de l’argent. En plus du matériel sept hommes sautent en parachute, ce sont des Marines de l’OSS formant la mission "Union 2", malheureusement, l’un deux, le sergent Charles Perry s’écrase au sol, son parachute ne s’est pas ouvert. Commandés par le Major Ortiz (ancien de la Légion Etrangère), ces six américains doivent conseiller et coordonner les maquisards.


Aussitôt récupéré, le pesant container (environ 145 kg) est chargé à l’arrière d’un camion Citroën type 23 LU afin d’être distribué, plus tard, à un groupe de combat. Les tenues sont disparates : effets de l’armée française, équipements allemands, vêtements civils, armement français, anglais, allemand etc…

A la nuit tombée, la plupart des armes a été répartie entre les différents groupes qui regagnent leurs secteurs en camions, en charrette, à dos de mulet ou à pied. Cet apport en armes va considérablement renforcer l’esprit offensif de la Résistance savoyarde et va accélérer la libération des villes et vallées dans les semaines qui suivent.

Photo de groupe autour du container fraîchement ouvert : FM Bren, PM Sten Mk II et Mk III, Lee Enfield n°1 Mk III et n°4 Mk I, munitions conditionnées dans des cartouchières d’allégement, merci les Alliés ! Le container est de type Mk III, s’ouvrant sur toute sa longueur, il ferme par trois verrous et fait 1,70 m de long.

Ce maquisard porte une tenue typique de la période : blouson de skieur et poignard des Chantiers de Jeunesse, béret civil, fusil Mauser 98K, ceinturon et cartouchières pris sur l'ennemi. 

Soixante ans plus tard, les membres de "Tempête sur les Alpes" étaient présents aux côtés des acteurs encore vivants de cet événement lors de la cérémonie commémorative organisée autour de la tombe du Sergent Perry devenue depuis un monument. Aux côtés des vétérans français, une forte délégation de Marines était venue de Stuttgart accompagner les deux membres de la mission "Union 2" encore vivants : les sergents John Bodnar et Jack Risler. C’est sur les lieux mêmes du parachutage, à l’issue de la cérémonie, que nous en avons profités pour faire ces quelques clichés de reconstitution.

Sergent John Bodnar

       

Sergent Jack Risler