Entraînement avec le canon antichar de 47mm APX mod.1937

Septembre 1939.

Insigne de la 10ième batterie anti-chars

du 93ième Régiment d'Artillerie de Montagne (RAM)

     Si ce n'est par réelle conviction, connaissance, mais plus prosaïquement clientélisme, il n'en demeure que la "Presse dite spécialisée", mercantilisme oblige, se fait de plus en plus l'écho de manifestations de collectionneurs et groupes de reconstitution commémorant le 70ième anniversaire des combats de la "Campagne de France", enfin !

     Que de temps aura-t-il fallu pour que l'inconscient collectif s'en vienne à raisonnablement considérer que lors de l'offensive de mai et juin 1940, mettant fin à l'interminable "drôle de guerre", bien que retraitant, l'armée française connaît des succès, que le soldat français n'a point failli, sensiblement 100 000 morts, 120 000 blessés, 2 000 000 de prisonniers, auquel l'on ne peut qu'ajouter 80 000 civils victimes des bombardements, d'exécutions sommaires, de massacres…, nous le rappellent, et surtout qu'il est grand temps d'enfin les réhabiliter ?

     N'oublions point, sur deux fronts, les terribles batailles de Hannut, de Stonne ou les chars français aux ordres du Cne Billotte reprennent 17 fois en 4 jours le village aux mains ennemies, de Gembloux, de Montcornet, de Voreppe, ou l'Armée des Alpes arrête les allemands, de la Redoute Ruinée, du Chaberton, à 3 300 m d'altitude…, lui conférant le titre enviée : "Armée des Alpes, armée invaincue".

     Il fut un temps ou collectionner tels matériels militaires relevait de l'anachronisme, du ringard, était décalé, "maréchaliste"…, mais "vox populi, vox Dei" étant, retraite, débâcle, exode, un armistice avec l'allemand, un second avec l'italien, Etat Français, les ¾ de la France occupés, une "zone libre" sous autorité d'un Gouvernement de Vichy, cartes d'alimentation, de vêtements, de charbon, libération, américains…, et avouons le, pour certains de nous une éducation bien souvent partisane, une manifeste volonté d'oubli, œuvrèrent en ce sens, l'engouement, l'aveuglement que nous connaissons par ailleurs pour le "kaki d'outre atlantique" drapé de l'aura des libérateurs, et la quasi volontaire méconnaissance de cette partie de notre histoire ne font qu'ajouter à cela.

     Si un microcosme de psychopathes s'y attacha, remercions-les, c'est bien ainsi, que ceci continu, prenne ampleur, matériels et engins furent bien souvent aboutis, techniquement en avance sur ceux de nos adversaires d'alors et beaucoup des protagonistes s'en inspirèrent, l'un d'eux, le matériel antichar français puissant, étudié pour l'artillerie, adopté en 1937, que fut le 47 APX modèle 1937, une pièce d'exception capable de percer tous les blindages des chars ennemis du théâtre d'opérations d'alors.

Plaque d'affût

     Collectionneur d'accessoires et pièces d'artillerie, membre également depuis quelques lustres de l'association "Tempête sur les Alpes", viscéralement alpin, fervent de son histoire militaire, me trottait en l'esprit le projet de reconstituer autour de cette pièce une équipe répondant tant que faire se peut à nos communes inclinations. En ce début juillet, l'occasion nous fut offerte dans le cadre d'une part de la "Fête du fort du Télégraphe", ouvrage d'artillerie du système Seré de Rivières, alors dédié à la surveillance de la vallée de la Maurienne et au contrôle de la route du col du Galibier, puis d'autre part de ce 70ième anniversaire.

Coups complets

     A la mobilisation, ainsi équipée, installant ses 75/97 sur des plate-formes Arbel, la 10ième batterie reçoit mission de défendre Grenoble contre les attaques aériennes, et il lui faut attendre début octobre 1939, reversant alors ces "75/97", pour percevoir les pièces de 47, mais toujours sans les chenillettes !

     Dirigée le 22 octobre vers Montmédy, en janvier 1940 elle est affectée comme B.D.A.C. à la 7ième D.I. Coloniale stationnée en première ligne le long de la frontière sarroise, division qu'elle suivra durant la campagne de France, réussissant à se replier jusqu'au Nord de Périgueux.

Serge Pivot

Les photos ci-dessous ont été réalisées au fort du Télégraphe lors de la commémoration du 70ième anniversaire de la bataille des Alpes.

     L'équipe de pièce autour de la pièce "en batterie". L'équipe de pièce se compose de cinq alpins : 1 maréchal des logis, chef de pièce, 1 maître pointeur (pointeur), 3 servants (chargeur + 2 pourvoyeurs).

Fonction des servants, disposition de combat :

- Un chef de pièce et quatre servants : un pointeur derrière la lunette qui sera installée, un chargeur, un pourvoyeur, un auxiliare.

- Le pointeur marque la hausse, pointe le canon, met le feu, il est à genoux face en avant à hauteur du levier de mise à feu.

- Le chargeur ouvre et ferme la culasse, introduit la cartouche dans l'âme, il est à genoux face au pointeur, le pourvoyeur passe la cartouche au chargeur. si besoin aide l'auxiliare dans la préparation des munitions, il est généralement à genoux

- L'auxiliaire debout prépare les cartouches.

(Source : Réglement de manoeuvre de l'artillerie, titres V et Vii. 47 Mle 1937)

     A gauche, le chef de pièce, à genoux le pointeur-tireur, à droite, l'auxiliaire visse la fausse ogive sur la coiffe, nettoie le projectile, graisse le bourrelet, les ceintures…, le pourvoyeur passe les cartouches au chargeur qui les introduit dans l'âme du canon.

     Placé à la gauche du pointeur, le chef de pièce, en rabattant le levier vers l'avant, le pointeur s'apprête à la mise à feu.

     Gros plan sur le pointeur-tireur coiffé du casque adrian mod.1926 avec insigne d'artillerie mod.1937.

     Canon "en batterie", flèches ouvertes, masse oscillante déverrouillée, bêches de crosse installées......., l'équipe de pièce "en action".

       Insignes métalliques du régiment et pattes de col pour cadre :